Earth, Wind, Water & Fire
Persistance d’une vie où jouissances, doutes et choix sont quotidien de l’âme. Ma vie n’est que cela, regarde, lis et comprends si tu en as l’envie. Voici un être nu, un reflet, une image, tout ce en quoi je crois, ce pour quoi je me bats.
Deux extrêmes parties d’un tout inséparable et tellement plus ensemble qu’une fois séparées. Fragments d’un être entier qui vit, se bat et vibre, et au bout de la course n’aspire qu’au repos. Raison, sagesse, doctrine, mille autres impératifs, une longue pénitence, une vie de passions. Pâtir de sa foi, l’entretenir sans fin et souffrir sans jamais cesser de croire en soi.
Revoir, voir et dire, partager et apprendre, abhorrer le facile, le simple, le trop aisé, aduler, adorer le dur, le complexe, l’inatteignable but qu’on s’est un jour donné. S’accrocher, se maintenir, aller toujours plus loin, admirer les efforts d’un passé déjà loin, s’attarder mais pas trop, faiblesse et corruption sont le prix à payer à trop s’être écouté.
Loisirs ennemis, quelques moments d’errance, sans autre but que jouir, apprécier, savourer le passage du temps. Rares moments où le corps, l’esprit et la morale se séparent enfin et vivent leurs errances au gré de leur mouvance. Mais je sombre déjà et les livres, fidèles amis d’avant, sont déjà dévoyés, emprunts de ce plaisir que je goutte avec fougue. Adieu les connaissances, vertus et filles d’esprit.
Ne plus se contenter de vivre, de survivre, enlever ces oeillères qui asservissent nos vies et donnent au commerce ses lettres de noblesse. Vouloir, vouloir encore, penser, imaginer, se battre, se violenter et parfois accepter, ne pas se laisser faire, ne pas se laisser vivre. Epicure est l’abject, se faire plaisir, soit, mais ne pas rester là à ne faire que cela !
Partir, toujours fuir, garder près de son cœur ceux là qui comptent encore, abandonner les autres, partir l’esprit en paix. Ouvrir enfin la marche et reprendre l’escalade, seul but affiché : la fin de toute chose, mais quelle fin, quel grandiose, la clef de voute ultime d’un édifice humain. Discipline de l’âme, préceptes de Descartes, de Rabelais et puis d’autres, insoumis à jamais aux doctrines du temps.
Construire, bâtir sans but, donner et recevoir, échanger sans compter et vouloir le meilleur, aspirer au divin. Ne pas se contenter des joies simples d’une terre, d’un vent, d’une eau, d’un feu mais marier ces quatre sens aux parfums de la vie, et créer, innover, se laisser emporter par les muses, les courants, ces zéphyrs qui nous violent et laissent dans nos pensées des idées et des songes.
Le temps est l’ennemi, celui qui vainc toujours, celui qui emporta, emporte, emportera dans sa course infernale les âmes de tous les êtres. Nul besoin d’Eternel quand on a celui-là, son passage est un gouffre où tombent les esclaves qui luttent malgré eux contre sa tyrannie !
Mais regretter, envier et même jalouser ceux-là qu’on aperçoit et qui jouissent de leur vie selon d’autres principes. Ne pas se refermer, ne même pas juger, accepter son fardeau et ouvrir son esprit à ces mille différences qui font de nos amis des êtres qu’on apprécie.
Nous ne sommes que la somme de nos paradoxes…