Incipio Iter

décembre 27, 2008

Maelström

Classé dans : Uncategorized — incipio @ 08:13

Pouvoir d’insensé, de fou, ivresse profonde ; Nancy creuse ma tombe, tourmente, brûle, conspue !

Il est une tempête qui me prit par le bras. Violente trombe marine, elle a secoué l’eau, remonté des abysses mes antiques galions qui sombrèrent naguère, sabordés ou coulés. Sa force est démesure, Zéphyr, Notus, Borée, elle commande aux anciens, aux vieux vents oubliés. De ses coups répétés, dans ces voiles détrempées, elle ébranla l’esquifs et d’un coup de sa langue ouvrit de nouvelles mers jusqu’alors inconnues.

Il est de doux yeux bleus à la pointe dorée qui m’ont volé mon cœur et l’ont pris dans l’étau. L’océan est autour, il tempête dans l’orage. Vaste disque bleuté aux reflets d’ouate teintée, sombre mer insondée enchâssant violemment une terre ocre jaune. Ces contrées, je les vis, sauvages, indomptées ; les sentis dans mon cou, sur mon corps se poser. Comment dire, décrire, les sens retrouvés d’un passé ignoré ? Ces plages, ces plaines, ces dunes, toutes je les reconnus !

Il m’offrit pour un jour la vision maudite d’avoir enfin atteint les rivages mordorés de cette ile oubliée, il reprit aussi vite ces espoirs libérés et referma à temps l’immonde boite ouverte pour ne pas s’y brûler. L’explosion naissante n’avait que débuter, elle ne s’arrêta pas, destructrice et violente, ne pouvant s’exprimer, elle détruisit mon âme. Lambeaux, chairs à vif, meurtrissures insensées provoquées par un cœur qui n’avait fait de mal que d’en aimer un autre.

Un abîme insondable s’est ouvert en son centre, béance d’un monde nouveau tellement délicieux qu’il ne peut survivre sans absorber lui-même les beautés qui l’entourent. Sa pupille était noire, gouffre sombre de l’espoir, et son âme avide, adorable et terrible… Tant de maux par sa faute, par la mienne, par la nôtre. Il semble que jamais cette tempête ne s’éteint. Aussitôt relevé, là voilà qui reprend : le Désir n’est pas mort mais l’Amour est tombé !

Et me voilà errant, titubant et tombant ; me voilà enivré par la simple beauté ; me voilà comme je m’hais ; me voilà vile beauté qui attire pour brûler, arracher, déchirer, monstre immonde, abhorré.

Ce qui fut qui je fus est tombé, s’est brisé, je reste désolé, débile et morcelé…

décembre 23, 2008

Eppur eum amo

Classé dans : Uncategorized — incipio @ 14:03

Quelques mots d’un maudit qui rugit dans sa cage, quelques mots qui me parlent tant nous sommes semblables…

Je l’aime ! - Nuit, cachot sépulcral, mort vivante,
Ombre que mon sanglot ténébreux épouvante,
Solitudes du mal où fuit le grand puni,
Glaciers démesurés de l’hiver infini,
O flots du noir chaos qui m’avez vu proscrire,
Désespoir dont j’entends le sombre éclat de rire,
Vide où s’évanouit l’être, le temps, le lieu,
Gouffres profonds, enfers, abîmes; j’aime Dieu.
Je l’aime. C’est fini. - Lumière; fiancée
De tout esprit; soleil ! feu de toute pensée;
Vie! où donc êtes-vous; Je vous cherche. O tourment!
La création vit dans l’éblouissement;
O regard éclatant de l’aube idolâtrée,
Rayon dont la nature est toute pénétrée !
Les fleuves sont joyeux dans l’herbe; l’horizon
Resplendit; le vent court; des fleurs plein le gazon,
Des oiseaux, des oiseaux, et des oiseaux encore;
Tout cela chante, rit, aime, inondé d’aurore;
Le tigre dit : et moi ! je veux ma part du ciel ! -
L’aube dore le tigre et l’offre à l’Eternel.

Moi seul je reste affreux ! Hélas, rien n’est immonde.
Moi seul, je suis la honte et la tache du monde.
Ma laideur, vague effroi des astres soucieux,
Perce à travers ma nuit et va salir les cieux.
Je ne vois rien, étant maudit; mais dans l’espace
J’entends, j’entends dans l’eau qui fuit, dans l’air qui passe,
J’entends dans l’univers ce murmure : va-t’en !
Le porc dit au fumier : je méprise Satan.
Je sens la nuit penser que je la déshonore.
Le tourbillonnement du grand souffle sonore,
Le vent du matin, libre et lâché dans le ciel,
Evite mon front morne et pestilentiel.

Jadis, ce jour levant, cette lueur candide,
C’était moi. - Moi ! - J’étais l’archange au front splendide,
La prunelle de feu de l’azur rayonnant,
Dorant le ciel, la vie et l’homme; maintenant
Je suis l’astre hideux qui blanchit l’ossuaire.
Je portais le flambeau, je traîne le suaire;
J’arrive avec la nuit dans ma main; et partout
Où je vais, surgissant derrière moi, debout,
L’hydre immense de l’ombre ouvre ses ailes noires.

Les profonds infinis croisent leurs promontoires.
Tout devant moi, vers qui jadis l’amour vola,
Recule et fuit.

Je fus envieux. Ce fut là
Mon crime. Tout fut dit, et la bouche sublime
Cria : mauvais ! et Dieu me cracha dans l’abîme.

Oh! je l’aime! c’est là l’horreur, c’est là le feu !
Que vais-je devenir, abîmes; J’aime Dieu !
Je suis damné !

Victor Hugo, La Fin de Satan

décembre 22, 2008

Satan pardonné

Classé dans : Uncategorized — incipio @ 11:32

Sourde envie d’écriture, mais la plume reste aphone. Victor a déjà dit, écrit ce qui me ronge. Je recopie ici ces mots qu’il a posés et qui sont tant pour moi…

Cent fois, cent fois, cent fois, j’en répète l’aveu,
J’aime ! Et Dieu me torture, et voici mon blasphème,
Voici ma frénésie et mon hurlement : j’aime !
J’aime, à faire trembler les cieux ! - Quoi ! c’est en vain !
Oh ! c’est là l’inouï, l’horrible, le divin,

De se dresser, d’ouvrir des ailes insensées,
De s’attacher, sanglant, à toutes les pensées
Qu’on peut saisir, avec des cris, avec des pleurs,
De sonder les terreurs, de sonder les douleurs,

Toutes, celles qu’on souffre et celles qu’on invente,
De parcourir le cercle entier de l’épouvante,
Pour retomber toujours au même désespoir !
Dieu veut que l’homme las s’endorme, il fait le soir ;

Il creuse pour la taupe une chambre sous terre ;
Il donne au singe, à l’ours, au lynx, à la panthère,
L’âpre hospitalité des antres et des monts ;
Aux baleines les mers, aux crapauds les limons,

Les roseaux aux serpents secouant leurs sonnettes ;
Il fait tourner autour des soleils les planètes
Et dans la blanche main des vierges les fuseaux ;
Il entre dans les nids, touche aux petits oiseaux,

Et dit : La bise vient, j’épaissirai leurs plumes ;
Il laisse l’étincelle échapper aux enclumes,
Et lui permet de fuir, joyeuse, les marteaux ;
Il montre son grand ciel aux lions de l’Athos ;

Il étale dans l’aube, ainsi que des corbeilles,
Sous des flots de rayons, les printemps pleins d’abeilles ;
Sa grandeur pour le monde en bonté se résout.
Une vaste lueur ardente embrase tout,

De l’archange à la brute et de l’astre à la pierre,
Croise en forêt de feu ses rameaux de lumière,
Va, vient, monte, descend, féconde, enflamme, emplit,
Combat l’hiver liant les fleuves dans leur lit,

Et lui fait lâcher prise, et rit dans toute chose,
Luit mollement derrière une feuille de rose,
Chauffe l’énormité sidérale des cieux,
Brille, et, de mon côté, prodige monstrueux,

Ce flamboiement se dresse en muraille de glace !
Oui, la création heureuse s’entrelace
Tout entière, clartés et brume, esprit et corps,
Dans le Dieu bon, avec d’ineffables accords ;

L’être le plus souillé retrouve l’innocence
Dans sa toute tendresse et sa toute puissance ;
Moi seul, moi le maudit, l’incurable apostat,
Je m’approche de Dieu sans autre résultat

Que de faire gronder vaguement le tonnerre !
Dieu veut que cet essaim d’atomes le vénère,
Il leur demande à tous leur coeur, leur chant, leur fruit,
Leur parfum, leur prière ; à moi rien, de la nuit.

Ô misère sans fond ! Écoutez ceci, sphères,
Étoiles, firmaments, ô vieux soleils, mes frères,
Vers qui monte en pleurant mon douloureux souhait,
Cieux, azurs, profondeurs, splendeurs, - l’amour me hait ! -

Dieu parle dans l’infini…

- Non, je ne te hais point !

Victor Hugo, La Fin de Satan

décembre 19, 2008

Une part d’Incipio

Classé dans : Uncategorized — incipio @ 13:46

Quelques mots échangés avec Caddaric, minces fragments de mon âme, frêle plume de mes ailes, qui raviront ceux-là qui cherchent à me comprendre.

Les jeunes cons pré-pubères et anciens trop guindés considèrent aujourd’hui le romantisme mort, trop gnangnan pour être beau… Ceux là me désespèrent et Paris en est plein !

Le Romantisme n’est-il cette expression sans borne, sans limite et sans loi de ce que vit le cœur… On montre qui on est, on cesse de tout cacher, de protéger son âme, on vit intensément quitte à perdre la vie. Romantisme n’est-ce pas l’ennemi de Raison ? Duel d’infini entre Âme et Esprit… Notre siècle est celui de l’esprit froid sans cœur, de la raison gelée. J’y vis tel un ovni, la raison est partout mais mes sentiments, eux, sont exempts du poison.

Mais je sais être froid, dangereux calculateur, Machiavel en puissance car là est mon métier. Double face est mon nom, mais en amour Raison fût bannie à jamais car elle n’est que froideur et son sillage entraîne rancœur, détestation, haines et corruptions.

J’eus de ces relations adultes dirait-on, mais elles ne valent rien, rien d’autre que de l’ennui, car celui-là arrive quoi qu’on fasse, quoi qu’on dise, si l’un comme l’autre cache en lui-même, contre lui, les feux, les braseros allumés d’un baiser au tout commencement.

Plutôt que d’enfermer, de recouvrir ce feu de peur de s’y brûler, ce faisant l’étouffant, le privant de cet air qui l’aide à respirer. Ouvrons plutôt les portes, laissons-le s’embraser, briller de mille éclats et dedans la fournaise jetons encore du bois, alimentons la flamme, consumons chaque parcelle, chaque brindille, chaque atome car devrait-il s’éteindre que le froid nous tuerait !

Tout, tout, tout, l’insondé, l’insondable, le visible et l’obscure, il est tout à ma vue, il recouvre l’Omniscient. De sa voile d’azur enrobant le joyaux, il a brûlé mes yeux à force de tous ses feux. Astre au jour luisant, il éclipse Apollon, Diane n’est plus qu’un murmure tant sa pâleur est fade.

Amour, mon Amour… Ridicule, honte, peur, de vieux mots sans valeur quand s’égrainent les heures passées à ton odeur !

décembre 17, 2008

Et lux facta est

Classé dans : Uncategorized — incipio @ 14:30

Voilà quatre mil ans qu’il tombait dans l’abîme,
les lueurs s’étaient tues dans sa chute infinie.
Un roc heurta sa main, arrêtant son exil.
Un murmure, une caresse sur son front lourd, docile
et de la nuit sans ombre reculèrent les ténèbres.

Un soleil était né, déchirant le ciel noir,
Rayonnant, infini, et brûlant d’un vieux feu.
Il approchait serein et dans l’ombre de sa gloire,
L’être hideux, rejeté aperçu un ami, la réponse à ses vœux.

L’archange aux ailes blanches s’approcha du démon,
ploya l’immaculé perdue par le damné,
et d’un simple baiser déposé sur son front,
retira dans son geste les blessures inavouées.

De son faîte, il jeta un long regard troublé
sur les terres alentour, les vestiges du passé.
Des deux yeux dilatés en son front enchâssés
il embrassa l’avenir, son présent, son passé.

Alors des gouffres amers où son âme se jeta,
les ténèbres branlèrent, le tonnerre résonna.
Son sang brûlant, bouillant se figea, il gela,
et plongeant vers les cimes la lumière l’appela.

Car aujourd’hui je sais, mon âme me fut rendue, et le damné sans nom qui gisait dans l’abîme disparut de ma vue. Car je suis cet amour, que la folle romantique a bercé de ses bras ; ce bel être assoupi dans une mer de baisers que la beauté attire et révulse à la fois. Je suis cette ouate tendre qui réchauffe les cœurs et perce les barrières d’un regard apposé.

Souris bien mon bel ange car ce jour je me venge, m’extirpe de la fange où je m’étais lové, abandonne l’engeance de la perte de mes ailes.

La plume seul débris qui resta des deux ailes de l’archange englouti dans les nuits éternelles.

La plume pris son envol et rejoignit le ciel. Elle frôla Sa joue et murmura “Amour, je ne suis pas si sourd ! Tes malheurs, tes rancœurs, tes haines et tes peines, je les entends mugir, pleurer et étourdir les sens qui t’entraînent… Amour, ouvre ta main et laisse moi m’y poser, à partir de ce jour je ne te quitterai pas !”

Quelques phrases d’Hugo, mon maître, mon dieu, mon âme…

décembre 11, 2008

L’amour chagrin

Classé dans : Uncategorized — incipio @ 12:13

Quelques mots posés là, récemment dans la nuit, pour tenter d’oublier, essayer de calmer, apaiser et sombrer.

Déchire mes mots, délabre mon corps, arrache ce cœur, palpitant, vrombissant. Pleure alors de ton sang, sanglote de tout ton corps, ne respire que par spasmes. Brûle, gèle, alterne tout ! Tremble, démence, fol’ ivresse, jusqu’à ce que tes mains ne répondent plus à rien, ni au cœur ni au reste ! Frappe, oublie et expie…

Alors bois, saoule toi, sens le liquide brûlant dévaler et sombrer, se lover tout en bas, lacérer à son tour ce qui restait d’intact. Avale les comprimés, laisse la drogue prendre soin d’un corps qui se détruit, dont la maîtrise t’es désormais interdite. Immense pantin vivant, les larmes coulent à terre ne laissant sur les joues qu’un mince film humide, tu te calmes à présent et repense au néant.

Là seulement tu sauras ce que l’amour peut faire si on lui laisse le droit de contrôler la vie…

décembre 8, 2008

Vision de fin

Classé dans : Uncategorized — incipio @ 02:12

Nulle nouvelle, nul appel, rien d’étrange sauf cette peur…

Douleur sourde, insondable, l’immonde tenaille s’étend, se ploie et se referme. La pression est trop forte, la poitrine va céder, je m’enfonce dans l’eau sombre.

J’ai peur, je tremble, je vibre, frissonne pour ma vie mais tout a disparu dans cette absence des sens. L’angoisse étreint ma chair, elle me baise jusqu’au sang, accapare tout l’espace. Folle vision de noirceur, elle n’est qu’un messager, un ultime baiser, comme si rien n’était plus, elle vole tout à la vue.

Sueur, douleur, frayeur, ô ma mère où êtes vous ? Rien n’a plus consistance, tout m’échappe et me hante. Chaos, rien n’a de sens, le néant est autour, je ne le comprends pas. Sombrer, tomber encore, perdre de vue le ciel et embrasser la nuit, voilà ce qui m’échoie, car de vos bras sincères, je ne sens plus la vie…

Si l’amour n’a plus cours, que l’abîme me reprenne, je ne veux plus de peine, l’absence sera mon seul, mon ultime recours.

novembre 26, 2008

Über/Untermensch

Classé dans : Uncategorized — incipio @ 10:45

Goût de sang dedans la bouche, cœur qui souffre, écartelé. Besoin d’écrire, de partager, de poser là ce qui détruit et d’avancer un peu plus loin, exorcisant les causes du Mal.

On se croyait un demi-dieu, capable d’endurer les maux, de faire comme si rien n’était dur, comme si les blessures n’étaient pas. On s’imaginait fort et puissant, apte à supporter les douleurs, à ignorer ces belles sirènes qui nous appellent pour nous noyer. On avait de soi cette image, ce vieux rivage d’un être sage, capable de la modération, de la passion assujettie…

On se révèle un demi-homme, faillible comme tous ses prochains. On se retrouve à même le sol, les yeux hagards, le regard vide. On oublie tout ce qu’on savait, ce qu’on croyait avoir compris, désormais nous voilà seul, à moitié nu, le cœur à vif. Les yeux se troublent, vieux souvenir, lointain passé. On a de soi l’ignoble vue d’un vieil hermite roué de coups.

L’autre avait su trouver la clef, vieux rossignol tout édenté… A chaque mot, à chaque parfum, il s’était frayé un chemin, et dans l’antique serrure rouillée avait glissé le lourd trophée. Cela faisait plus d’une année que les battements avaient cessé, d’un simple frôlement de ma main, il a su réveiller ce sein.

Un mois d’idylle, absurde et folle, un mois à croire sans même savoir, un mois à nier, à oublier. Le cœur est fourbe, il aime sans loi et la raison, il la ploie ! Jour après jour, l’amour est né… Illusion, réalité ? L’ancienne passion s’est rallumée, a de son feu tout dévoré…

Mais aujourd’hui la peur est là, l’horrible, l’immonde, qui me ronge. L’affreuse terreur que tout s’éteigne et se rendorme à nouveau. Car de cet homme pour qui j’éprouve, je vibre et brûle, l’espoir est mort, l’espoir s’est tu et de mon coeur à demi mort, la porte grince et se referme…

novembre 25, 2008

Givré

Classé dans : Uncategorized — incipio @ 12:25

Les vapeurs s’échappent des manteaux refermés, exhalaison normale d’un pauvre être gelé qui sous un ciel bleuté brave les éléments, gauchement calfeutré dans un habit de laine…

Mille et unes gemmes blanches incrustées dans le sol étincellent au soleil. Les flaques de la veille, vitraux du jour nouveau encadrent ce beau tapis sur lequel nos pas, débiles et incertains se dérobent, glissent et tombent…

On patine, se relève, rétablit l’équilibre, on avance maladroit sur les langues de froid que la nuit enchanteresse a déposées à terre. L’astre blond de son œil nous surveille, amical, nous fait rire de la farce et réchauffe notre face que le doux vent glacé enveloppe et abrase.

Brunes, blondes, rouges, jaunes, les dernières feuilles mortes dérobées par l’automne se retrouvent au sol prisonnières muettes d’un fin filin diaphane. Mince rideau de satin qui scintille, resplendit, le givre a tout couvert, et sa beauté enchante…

novembre 20, 2008

MetaSexe

Classé dans : Uncategorized — incipio @ 13:29

Cette idée n’est pas mienne, pas plus que le texte, seule l’adaptation pourra m’être imputée… Bref voyage insolite dans un de ces musées qu’on ne peut voir entier !

Je vous parle d’un musée, pas de ceux-là figés, poussiéreux et ruinés mais de ceux pleins de vie où le visiteur court, s’arrête, observe, découvre et dévore à l’envi les œuvres, les chefs d’œuvres esquissés par autrui. De ce genre de lieux dont on sort plein d’entrain, avec la folle idée de tenter par nous même d’esquisser, de croquer, de mordre à pleines dents dans la matière brute et tenter d’enfanter d’un joyau plus privé…

Ce musée est immense, corridor infini bordé de mille fenêtres, portes et salles majestueuses. Depuis la nuit des temps nous y sommes les fourmis qui en forgent l’espace. A nous donc d’innover, de créer, d’ajouter à la masse une énième ouverture, d’en modeler la place et de peindre, euphoriques, notre vision du monde.

Début d’adolescence, il apparaît soudain vieux colosse inconnu aux lourdes portes d’airain. On en franchit le seuil ou attend sagement qu’un autre ouvre la porte pour nous laisser entrer. On est impressionné, on est intimidé par sa taille, sa splendeur. Rien ne nous préparait à cette démesure, éternelle sculpture née un jour de la vie, enfantée par les sens. Rien n’arrête depuis lors sa rapide ascension, ce musée est un lien où le Pouvoir est roi et le Plaisir un dieu.

Nous n’y sommes acceptés que pour un bref délai, l’existence est trop courte, mais au court de ce jour, cet instant dans son ventre, tous nous est accessible ! Certains se raviront d’en voir un maximum, d’autres plus parcimonieux étudieront surtout une salle particulière, s’arrêtant longuement sur chacune des toiles disposées sur les murs.

D’aucuns ont le talent, l’audace, que sais-je encore, de tenter de créer, d’ouvrir de nouvelles portes, d’oser s’aventurer. Les autres, plus frileux, se contentent d’étudier, d’appliquer réservés ce que d’autres ont tissé…

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